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EN MARAUDE DANS LES RUES DE BLOIS POUR LE PLAN GRAND FROID

Par Sebastien BUSSIERE, journaliste à la rédaction de Blois de la Nouvelle République 

Publié le 12 février 2021, sur le site internet de la Nouvelle République 

La maraude de mercredi soir a permis de mettre trois personnes à l’abri.
© Photo NR

Depuis lundi soir, des maraudes sont mises en place dans le Blaisois dans le cadre du plan grand froid. La NR a participé à celle de mercredi soir.

Le rendez-vous est devenu quotidien depuis lundi dernier. Avec l’activation du niveau 2 « grand froid » du plan hivernal par le préfet de Loir-et-Cher, due à la baisse des températures, des maraudes de détection ont été mises en place, afin de repérer « les personnes sans-abri ou fragiles » et de les orienter vers un hébergement d’urgence.

« On les déclenche dès qu’il fait - 2 °C », précise Christine Guérin, directrice de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

Chaque soir, à 19 h, un rendez-vous a lieu à la gare de Blois. Il réunit l’équipe mobile santé et précarité (EMSP) – composée mercredi d’une éducatrice spécialisée du centre intercommunal d’action sociale (CIAS) du Blaisois et d’un éducateur de l’association Vers un réseau de soin (VRS) – qui se charge des tournées de rue de 17 h à 19 h, et les maraudes de protection du soir menées par des associations de protection civile.


« Vous aurez un logement ce soir »

L’occasion de faire un briefing, auquel ont aussi pris part des membres de l’association Quartiers proximité mercredi, qui tourne dans le nord de la ville, pour évoquer les rencontres de la journée. La maraude débute après un coup de téléphone au 115 – numéro qui permet à l’association Accueil, soutien et lutte contre les détresses (ASLD) de rediriger les personnes en difficulté vers des hébergements d’urgence – pour s’assurer qu’il n’y a personne à aller chercher.

Stéphane, Morgane et Laurent, du Centre français de secourisme du Loir-et-Cher (CFS 41), que nous accompagnons ce soir-là, se dirigent alors vers le parc des Lices, près du château, et inspectent les recoins où des gens auraient pu s’abriter.

La maraude se poursuit du côté de la Halle aux grains, où un homme promène son chien : il est déjà hébergé à l’abri de nuit, rue de l’Érigny, qui fait partie des hébergements d’urgence.

Les secouristes en profitent pour se renseigner sur sa situation avant de reprendre leur route vers le supermarché Carrefour Market de La Chaussée-Saint-Victor.

Ils reçoivent alors un coup de fil du 115 leur signalant l’appel d’une femme seule dehors avec sa fille de 10 mois. Le thermomètre affiche - 5 °C : « C’est la nuit la plus froide de la semaine », indique Christine Guérin, également présente pour la maraude, qui précise que la température doit descendre jusqu’à -7 °C avec un ressenti à -13.

Alors que nous nous dirigeons vers le centre-ville, nous croisons un homme sans-abri, qui marche avec ses affaires à la main. « Vous aurez un logement ce soir », lui annoncent les secouristes, qui le conduisent dans un hôtel de Vineuil. « Avec le plan grand froid, la consigne a été donnée de garder les gens jusqu’à mardi prochain ; on évaluera la situation ensuite », explique Christine Guérin, qui précise que les places d’hébergement d’urgence (au nombre de 169) sont toutes occupées.

« Le sentiment d’être utiles »

Il est désormais temps de rejoindre la maman et sa fille et de les conduire elles aussi dans un hôtel. Difficile pour les bénévoles du Centre français de secourisme, qui n’auront par ailleurs pas réussi à convaincre un autre homme d’être mis à l’abri, de ne pas être touchés par la situation des personnes qu’ils rencontrent. « Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan, glisse Stéphane, mais on a le sentiment d’être utiles. »

 
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La maraude intervient tous les soirs pour veiller sur les plus fragiles
© Photo NR, Sébastien Bussière